12 aout 2007
Notre bus part a 6h pour Albancay, et nous deposera au bord de la route. A nous de nous debrouiller pour aller jusqu'a Cachora, depart de notre trek de 4 jours vers le Choquequirau, dernier repere connu des incas, redecouvert en 1989 (deja connu en 1908, mais abandonne depuis). Le trajet dure env. 3h30, et mon estomac semble tenir le coup, donc j'achete des galettes de pain a une vendeuse au bord de la route. Nous attendons Fred (notre compagnon de rafting), qui n'avait pas pris la meme compagnie de bus que nous et qui arrive presque une heure plus tard, en meme temps que notre taxi, youpi!
Nous avons decide a l'unanimite de faire le Choquequirau sans porteur, ce qui signifie que nous avons notre nouriture pour 4 jours sur le dos, ainsi que le materiel de camping necessaire. Nous savons qu'il y a des sources d'eau, donc nous avons seulement 1,5 litres pour commencer la marche et des pastilles de micropur pour la suite. Notre equipement est minimal: pas de rechaud, du pain pour 4 jours, du jambon, du fromage, trois pommes, des bananes, du chocolat, des barres de cereales, un cake a la canelle, des crackers, une tente et trois sac de couchage. David porte l'essentiel de la nourriture et la tente, ce qui fait que son sac pese env. 10-12 kg. Le mien et celui de Vanessa doivent se situer autour des 6-7kg.
Le depart du trek est sympa, il fait beau et chaud, le chemin n'est pas trop escarpe pendant les 12 premiers km, ou nous arrivons a un col. Ensuite, commence une descente de 7 km, tres eprouvante pour les genoux et les chevilles, mais dans un decor incroyable! 6 heures de marche plus tard, nous arrivons a notre campement, au km 19, niche sur un plateau avec la vue sur le coucher de soleil. Fred, qui porte 20kg sur le dos (il continue le trek vers le machu picchu apres le choquequirau, donc il porte pour 8 jours de vivres) decide d'alleger son sac et nous prepare une petite soupe pour agrementer nos sandwichs jambon-fromage. David ouvre aussi une boite de thon, ce qui nous fait un souper decent! A ce campement il est possible d'acheter de l'eau, et d'utiliser les toilettes et les douches, quel luxe!
Dans notre tente par contre, il est difficile de parler de luxe, nos sommes vraiment serre comme des sardines (on a pris leger, he he). Nous prenons la decision de laisser nos sacs dehors, pour avoir un peu d'espace... Nous allons au lit en meme temps que les poules, soit 8h30, pour pouvoir avoir un depart matinal afin d'eviter la montee pendant la grosse chaleur. En effet, demain sera le jour le plus difficile. 13 km de marche, dont environ 8 en montee, avec une denivellation de 1500m!!!
13 aout 2005
La nuit a ete terrible, David a vomi tripes et boyaux sans discontinuer, le pauvre. Il est encore tout blanc et ne peut rien avaler. Le projet etait de partir a 4h30, mais a 6h on n'est toujours pas en etat et nous decidons de faire 2 groupes. Vanessa et Fred s'en vont, et moi je reste avec David pour voir si nous pouvons continuer ou si nous devons attendre un jour ou deux au camp (revenir en arriere signifie 7km de montee, et c'est tres raide.)
Autre mauvaise nouvelle, les fourmis ont colonise la bouffe qui se trouvait dans les sacs a l'exterieur de la tente (le confort a un prix!). Le fromage et le jambon ont ete les cibles principales, et nous les passons sous l'eau pour essayer de sauver ce qui peut l'etre. Autre deconvenue, les bananes que nous avons apportees ne sont pas des bananes traditionnelles... Elle en ont le look, mais elles sont toutes dures, c'est une sorte qui doit se cuire! Adieux les bananes donc, nous les offrons au camp..
Vers 6h40, David a repris un peu des forces et nous nous mettons en route. Les trois premiers kms sont de la descente, donc ca passe plutot bien, mais une fois l'Apurimac traverse, c'est plus que de la montee hyper raide jusqu'au km 29! Et la, David souffre terriblement, il a sans arret envie de vomir et n'a rien dans l'estomac. On echange nos sacs pour alleger un peu sa peine, j'espere que je vais tenir le coup avec 12 kg sur le dos!
Nous nous arretons a un campement pour qu'il puisse dormir un peu et une gentille dame va cueillir des feuilles pour lui preparer une tisane. Une heure plus tard nous repartons, l'effort est intense. Sans etre malade, ce trek est considere comme l'un des plus dur au monde, a cause de ses deniveles, donc je suis d'autant plus admirative en voyant le courage de David. J'essaye de le forcer a manger un peu, mais tout ce qu'il va avaler pendant les 8h30 d'ascension jusqu'au Choquequirau sera un demi cracker et une moitie de Farmer a la pomme!
Nous faisons regulierement des pauses, pour se requinquer un peu, et finalement nous arrivont en pleurant presque au Choquequirau (Vanessa et Fred sont arrives il y a une heure), tellement c'etait dur! Je precise quand meme que nous n'avons rencontre que deux autres personnes qui le faisaient sans prendre de mule pour porter(soit leur sac, soit eux-memes). Tous les autres groupes avaient des porteurs et meme des cuisiniers (une poule a passe tout le trajet dans un sac en jutte pour servir de repas ;o)).
Nous montons la tente, David va dormir un peu, mais la curiosite nous pousse quand meme a aller sur le site du Choquequirau, 1,5km plus... haut (on est maso, n'est-ce pas!). Et la, c'est la recompense a tous nos efforts de la journee. le site est niche sur un col, entoure par des sommets enneiges de 5 et 6000 metres. Nous avons droit au coucher de soleil, magnifique, sur les ruines des incas.
David declare qu'il a faim (enfin!!!) et nous prenons le souper, compose de pain, fromage, jambon et thon, dans notre tente. Cette fois, tous les sacs sont a l'abris des fourmis, par contre nous sommes des proies de choix pour les moustiques!
14 aout 20 07
Debout vers 6h, David est completement remis et nous allons encore faire le tour des ruines. C'est vraiment magique d'etre perche au sommet des montagnes et d'avoir un des derniers reperes incas pour nous tout seuls! C'est ca la grosse difference avec le Machu Picchu, surpeuple, ici on a l'impression de decouvrir nous meme le site (dont seul 20 a 30% a ete defriche d'ailleurs).
David va encore visiter des terrasses avec Fred, tandis que Vanessa et moi faisons nos adieux et commencons le chemin du retour.
La route est longue, et cette fois, ca descend beaucoup (logique hein!). David nous a coupe des batons pour rendre la descente moins penible, mais ca reste un exercice perilleux tellement c'est raide. Nous faisons une halte au bord de la riviere et atteignons le camp du km 19 vers 17h. Nous retrouvons un groupe de francais rencontre la veille, et lorgnons sur leur poulet-frites-riz (ils ont un cuistot) en mangeant notre derniere boite de thon. Dodo avec le coucher du soleil, la route jusqu'a Cachora sera longue demain!
15 aout 2007
Petit-dej a 6h ( pain, chocolat, cereales) et depart pour notre derniere journee de marche a travers ces paysages somptueux! Nous avons 7km un peu rude jusqu'au col, puis c'est de la balade pendant 12km, une journee chouette quoi! De plus, les francais sont de bonne compagnie, tres sympas et super joyeux!
L'ascension est difficile, mais ca reste plus facile que notre periple du 2eme jour. Je cede mon baton a une peruvienne qui crache ses poumons pendant la montee, pour l'aider un peu, mais j'evite de faire la conversation parce qu'elle a le souffle court! Une fois arrives au col, il y a une dame qui vend des boissons (!). On cede pour un coca (qu'on aurait aime frais, mais peine perdue) a un prix usurier, mais apres tout, on est au milieu de nulle part.
Le reste du trajet, comme prevu, sera une jolie balade. Vanessa souffre passablement du chaud et de ses ampoules aux pieds, mais elle a encore l'energie de le faire savoir, donc elle n'est pas encore foutue. Sinon, le trajet se fera sans evenement!
A Cachora, nous prenons un taxi pour l'intersection d'ou on tentera d'arreter un bus en direction de Cusco. Vanessa et moi sommes flanquees dans le coffre d'une voiture, tandis que David se retrouvera dans une camionette avec 17 personnes et 2 bebes!!! Si ca c'est pas routards!
Par chance, un bus arrive sur la route tres peu de temps apres notre debarquement et nous nous jetons presque sous ses roues pour qu'il nous prenne. On a tellement envie d'une douche et de changer d'habits, on ne peut pas imaginer attendre des heures pour le suivant!!!
Arrive a l'hotel, on croyait notre journee bien remplie, nous etions satisfait de notre periple, mais egalement creves. David est le dernier a passer sous la douche et Vanessa et moi faisons la causette sur notre lit quand je sens mon lit bouger de gauche a droite. D'abord je crois a un gag de Vanessa, mais ca bouge de pl us en plus fort. Quand on remarque que les tableaux balancent comme des fous et que des gens tapent aux portes des chambres pour evacuer l'hotel on comprend qu'il s'agit d'un tremblement de terre! David prend encore le temps de se mettre du deo et d'enfiler son jean avant de sortir! Moi, la seule chose que j'emporte de la chambre c'est une paire de chaussettes pour David, j'avais peur qu'il ait froid pieds nus, dehors!!! Nous n'avons pris ni le nouvel appareil photo (David a pris l'ancien pour filmer au cas ou...), ni l'ipod, ni nos papiers, RIEN! Juste une paire de chaussettes....
Apres quelques minutes sans tremblements nous regagnons notre chambre mais nous avons tous envie de vomir, comme si on avait le mal de mer, trop bizarre comme experience!
16 Aout 2007
Aujourd'hui nous faisons journee grasse mat' et recuperation bien meritee. Chacun compte ses boutons de moustiques, record detenu par David : 106 piqures enregistrees, il a l'ai r d'avoir la varicelle! Et ca gratte!! direction la pharmacie pour trouver un remede plus efficace que le baume du tigre.
Quand nous allons checker nos mails sur internet, nous comprenons tout a coup que le tremblement de terre d'hier soir etait beaucoup plus serieux que ce que nous avions pense. Envoi de mail et coup de fil pour rassurer famille et amis, nous n'etions pas dans les zones devastees, mais ca nous fait bizarre de penser qu'on se trouvait a Pisco et Ica il y a deux semaines... Toutes les maisons sont devastees la-bas maintenant, l'amplitude et la duree de la secousse ont provoque des terribles degats... |